Allemagne année zéro
Présentation au Festival de Venise 1946 (Compétition officielle).
Premier prix et prix du meilleur scenario au Festival de Locarno (1948).
En 1945. L'Allemagne nazie a capitulé devant les armées alliées. Berlin n'est plus qu'un champ de ruines fumantes. Edmund Koeler, un garçon de 12 ans, parcourt les décombres à la recherche d'un peu de nourriture avant de rentrer dans l'immeuble à demi effondré où sa famille a trouvé un refuge précaire. Son père, malade, s'enferre dans ses souvenirs. Son frère aîné, Karl, ancien nazi, vit traqué. Sa sœur, Eva, tente de subvenir aux besoins des siens par des ménages et en fréquentant l'occupant. Au milieu de cette ambiance de fin du monde, le petit garçon sans repère tente de s'en créer de nouveaux, fuyant toujours un peu plus la terrible réalité.
« Les Allemands étaient des êtres humains comme les autres ; qu’est ce qui avait pu les amener à ce désastre ? La fausse morale, essence même du nazisme, l’abandon de l’humilité pour le culte de l’héroïsme, l’exaltation de la force plutôt que celle de la faiblesse, l’orgueil contre la simplicité ? C’est pourquoi, j’ai choisi De raconter l’histoire d’un enfant d’un être innocent que la distorsion d’une éducation utopique amène à perpétrer un crime en croyant accomplir un acte héroïque. Mais la petite flamme de la morale n’est pas éteinte en
lui il se suicide pour échapper à ce malaise et à cette contradiction. […] Quand je revois ce film aujourd’hui, je sors bouleversé de la projection ; il me semble que mon jugement sur l’Allemagne était juste, pas complet mais juste. »
Roberto Rossellini. » Dix ans de cinéma ». Cahiers du cinema n° 52, novembre 1955
« De l’Italie à l’Allemagne, l’œuvre de Rossellini étend son territoire qui va être bientôt à l’échelle de l’Europe puis d’un continent (Les Indes). Sur l’Allemagne, comme sur tous ses sujets et ses personnages, Rossellini entend jeter un regard social qui soit aussi moral. Pour lui le champ de l‘investigation sociale et le champ de l’investigation morale se recoupent
exactement. »
Jacques Lourcelles. Le Dictionnaire du cinéma, collection « Bouquins », Robert Laffont,
2001.